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CHAPITRE
II
LES
PRêTS BONIFIéS A L'INVESTISSEMENT DES ENTREPRISES
Industrie,
Commerce, Tourisme, Artisanat
Les
prêts à taux privilégiés destinés à l'industrie, au commerce, au tourisme
et à l'artisanat représentaient en 1984 une part faible des encours totaux des
crédits bonifiés à l'économie (à peine 15 % sur un encours de plus de 1 500
milliards). L'importance de ces prêts était néanmoins considérable pour
trois raisons :
-
les prêts à taux privilégiés
concouraient pour près du tiers aux crédits à moyen et long terme contractés
par les entreprises pour financer leurs investissements, les prêts bonifiés
assurant près des deux tiers de ces concours, les autres étant assurés sur
ressources Codevi ;
-
le
système était devenu au fil des ans complexe, confus et peu efficace du fait
de la multiplication des critères et des procédures, du monopole de
distribution de quelques établissements spécialisés, de la
juxtaposition des priorités : quand il y a trop de priorités, il n'y a plus de
véritables priorités ;
-
le
coût budgétaire était élevé et fortement croissant, et il grevait les
budgets à venir.
L'évolution
de la conjoncture économique depuis la fin des années soixante-dix et
notamment le recul de l'investissement ont fortement contribué au développement
de ce système. Face à la hausse des taux d'intérêt et à la dégradation de
la situation financière des entreprises, la banalisation des prêts bonifiés
est devenue un moyen d'alléger les charges financières des entreprises. Cette
dérive a ôté aux procédures de bonification le caractère de sélectivité
qui leur était attaché à l'origine.
Le
redressement des entreprises intervenu à partir de 1983 rendait à la fois
possible et nécessaire une réforme du financement de l'investissement :
-
la situation financière des
entreprises s'est fortement améliorée contribuant à une nette reprise de
l'investissement (+ 19 % en deux ans dans l'industrie) : le taux de marge a
retrouvé fin 1985 un niveau comparable à celui de 1974 : 27,7 % contre 24,0 %
en 1982; le taux d'autofinancement proche de 50 % en 1982 s'établit désormais
à plus de 80 % alors qu'il était en moyenne de 60 % dans les années
soixante-dix ;
-
la baisse des taux d'intérêt
a permis aux taux bancaires de se rapprocher progressivement des taux bonifiés
;
parallèlement, les grandes entreprises ont pu accéder au marché monétaire et
y emprunter à des conditions plus avantageuses ;
-
enfin la volonté du
gouvernement de recentrer l'effort budgétaire sur quelques priorités - la
recherche et les PME - rendait nécessaire une simplification et une
clarification des procédures de bonification.
Les
réformes réalisées se sont faites progressivement, en plusieurs étapes, à
mesure que la baisse des taux d'intérêt le permettait. Elles ont porté sur :
-
la
simplification des procédures de prêts ;
-
la
banalisation de la distribution par la mise en adjudication d'une partie de
l'enveloppe ;
-
la réduction de l'enveloppe et
son recentrage sur les PME.
LE
CONSTAT A LA MI-1984
Les prêts bonifiés
concernaient d'une part les entreprises de l'industrie, du commerce et du
tourisme et d'autre part les entreprises artisanales. Les constats relatifs aux
procédures, aux critères de choix, aux établissements distribuant ces prêts
pouvaient être dressés à la mi-1984 de la façon suivante :
Les
prêts bonifiés à l'industrie, au commerce et au tourisme
Les
procédures étaient nombreuses et complexes
En
1984, il existait six grandes catégories de prêts bonifiés, les prêts spéciaux
à l'investissement les plus bonifiés (avec les PSR) représentant à eux seuls
près de 40 % de l'enveloppe totale.
|
|
Taux
|
Volume
(réalisations)
|
|
-
prêts
spéciaux à l’investissement (PSI)
-
prêts
spéciaux de refinancement (PSR)
-
prêts
aidés aux entreprises
(PAE)
-
prêts
participatifs (PP)
-
prêts
dits aux conditions du marché (PCM) mais comportant malgré cette
appellation une bonification de 1 point
|
9,25
%
9,25
%
11,75
%
12,75
%
9,00
%
14,75
%
|
15,4
Mds F
4,4
Mds F
7,4
Mds F
0,3
Mds F
0,8
Mds F
7,5
Mds F
|
|
Total
|
|
35,8
Mds F
|
Les
taux d'intérêt s'étageaient entre 9 % et 14,75 %, ce dégradé subtil
traduisant moins la hiérarchie des priorités que l'accumulation historique de
procédures archaïques et d'une complexité ne correspondant à aucune logique
économique.
Les
prêts spéciaux à l'investissement (PSI) regroupaient, en ce qui concerne les
seules entreprises industrielles, cinq procédures principales répondant
chacune à une finalité spécifique :
- la
création et le maintien d'un nombre d'emplois pendant une certaine durée ;
.
- la réalisation d'économies significatives de consommation d'énergie ou
de matières premières ;
- le
lancement de produits nouveaux ou l'utilisation de procédés innovants ;
- l'emploi
de machines automatisées ou de conception avancée ;
- l'accroissement
du flux d'exportations de l'entreprise (hors CEE).
Les PSI aux entreprises du
secteur du commerce et du tourisme, bénéficiaient quant à eux à cinq catégories
d'emprunteurs : les jeunes commerçants, ceux qui reconvertissaient leur activité,
ceux qui s'intégraient dans une des formes du commerce associé, les commerçants
des zones de montagne et, enfin, les associations du tourisme social.
Les
prêts spéciaux de refinancement
(PSR) avaient pour objet de permettre aux entreprises qui s'étaient endettées
au moment où les taux d'intérêt étaient les plus élevés, de bénéficier
de crédits nouveaux au taux de 9,25 % pour un montant équivalent à
celui des annuités à rembourser. Ces prêts étaient accessibles aux
entreprises, dont le coût de l'endettement, mesuré par le taux moyen
des frais financiers sur l'endettement à moyen et long terme, dépassait 11 %.
Les
prêts aidés aux entreprises
(PAE) étaient en réalité, une catégorie intermédiaire entre les PSI et les
prêts aux conditions du marché (PCM) : les conditions de recevabilité étaient
plus larges que les PSI (notamment pour les entreprises du tourisme, qui en bénéficiaient
fortement : hôtellerie 1, 2 et 3 étoiles, etc.) ;
Les
prêts aux conditions du marché
(PCM) bénéficiaient, contrairement à leur appellation, d'une bonification
forfaitaire de 1 ou 1,2 point, selon les établissements. Le seul critère à
remplir pour bénéficier de ces prêts était la réalisation d'un
investissement ;
Les
prêts participatifs
étaient des prêts pouvant être assimilés à des fonds propres : c'était des
créances de dernier rang, sans garantie, dont la rémunération variait en
fonction des résultats de l'entreprise. Créés en 1978, ces prêts avaient été,
dans un premier temps, consentis sur fonds publics, notamment par les différents
comités interministériels, créés pour aider, par l'octroi de prêts du FDES
ou de subventions, les entreprises répondant à divers critères :
-
le CIDISE (Comité interministériel
pour le développement des investissements et le soutien de l'emploi) pour les
PME « performantes » ;
-
le
CIFIA (Comité interministériel pour le financement des industries
agroalimentaires) ;
-
le CIALA (Comité interministériel
d'aide à la localisation d'activités), pour l'aménagement du territoire.
Les
prêts participatifs avaient ensuite également été mis en place par les
banques et les établissements financiers, ces derniers bénéficiaient en 1984
d'une faible bonification.
Les
prêts participatifs simplifiés
(PPS) étaient des prêts participatifs consentis aux risques de l'État et à
des conditions particulièrement avantageuses de taux à des petites entreprises
(chiffre d'affaires de moins de vingt millions de francs, effectifs d'au plus
cinquante salariés (cent dans le BTP). Leur attribution était décidée par
les Commissaires de la République des régions. Leur montant ne pouvait dépasser
500 000 F. Les prêts participatifs simplifiés étaient mis en place par le
CEPME.
Les
entreprises industrielles bénéficiaient en outre pour financer leurs
investissements :
-
des prêts bancaires aux
entreprises (BE) consentis par les banques sur ressources Codevi, à 9,75 %,
pour un volume de 13,5 Mds F environ en 1984 ;
-
des prêts du Fonds industriel
de modernisation à 9,25 %, pour un volume de 8 Mds F environ en 1984.
En
définitive, il n'y avait guère d'activité qui ne fût considérée comme
prioritaire, et il n'y avait guère d'investissement qui ne fût susceptible d'être
financé sur ressources bonifiées. Tel investissement conduisait à créer des
emplois : il pouvait alors bénéficier de la procédure du même nom ; si au
contraire il conduisait à supprimer des emplois, il était redevable d'une des
procédures de modernisation (robotique, par exemple).
Les
modalités de distribution de ces prêts n'incitaient pas à la concurrence.
En 1984, les prêts bonifiés à
l'industrie, au commerce et au tourisme étaient distribués exclusivement par
quatre institutions financières spécialisées : le Crédit national, le Crédit
d'équipement des petites et moyennes entreprises (CEPME), le Crédit coopératif
et le réseau des Sociétés de développement régional.
Si
les domaines d'intervention de ces quatre institutions se recoupent, chacun a
cependant une clientèle spécifique : grandes entreprises pour le Crédit
national, entreprises moyennes pour les SDR, petites entreprises (notamment
celles du commerce et du tourisme) pour le CEPME, entreprises coopératives et
associations pour le Crédit coopératif. A eux seuls, le Crédit national (16
Mds F en 1984) et le CEPME (12 Mds F en 1984) distribuaient les deux tiers
(soit 28 Mds F) de l'enveloppe annuelle (37 Mds F en 1984).
La
distribution des prêts bonifiés représentant l'essentiel de l'activité de
ces institutions, celles-ci ont eu tendance à développer une logique
commerciale propre. Ainsi, elles offraient aux entreprises clientes des crédits
mixant plusieurs types de prêts bonifiés (PSI et PCM principalement)
permettant des taux de sortie avantageux.
Le
bilan: un système peu incitatif…
La
multiplication des procédures et la logique commerciale des établissements spécialisés
ont transformé les prêts bonifiés en un mode normal de financement de l'investissement.
Le
constat établi à partir de l'enquête de l'Inspection générale des finances
conduite par M. Heilbronner a abouti aux conclusions suivantes :
-
les
engagements pris par les entreprises pour bénéficier des diverses procédures
de bonifications n’ont souvent pas été tenus. La
rédaction des engagements est en général imprécise et les organismes prêteurs
se préoccupent plus de la réalité de l’investissement que de la plausibilité
des engagements à terme pris par les entreprises ; de plus, le contrôle de
ceux-ci est inégalement assuré et les sanctions pas toujours appliquées ;
-
les
PSI ont perdu tout caractère sélectif et sont devenus une procédure banalisée à
laquelle presque toutes les entreprises ont accès dès lors qu'elles
investissent ;
-
les
bonifications n'ont pas de réel caractère incitatif :
la plupart des investissements sont décidés et commandés avant même que les
prêts spéciaux soient accordés. En outre, l'avantage procuré par le prêt spécial
n'est pas d'une importance telle qu'il puisse infléchir la politique d’une
entreprise surtout pour une grande entreprise. En effet, les PSI ne sont qu'une
part du financement bonifié de l'investissement (qui est également financé
par des prêts bancaires) ; ainsi les PSI représentaient seulement 10 % en
moyenne de l'investissement des grandes entreprises clientes du Crédit
national, pour lesquelles l'avantage procuré par la bonification est
d’environ 1 à 2 % du coût de l'investissement.
Un
coût budgétaire élevé
Le coût pour
l'État des
bonifications dépend du volume des enveloppes de prêts bonifiés et de l'écart
entre le taux auquel est consenti le prêt bonifié et le coût des ressources
de l’institution financière qui les distribue (majoré d'une évaluation
forfaitaire de ses frais de gestion). Ce coût est étalé sur la durée des prêts.
L’augmentation
rapide des enveloppes de prêts bonifiés, l'ampleur atteinte par l'écart entre
les taux auxquels ils étaient consentis et le coût des ressources des
institutions qui les distribuent ont conduit à une augmentation très
importante du coût budgétaire de la bonification. Celle-ci a atteint 3,9
milliards de francs en 1984 pour un montant de prêts de 35,8 milliards. En dépit
d'une forte réduction de l'enveloppe intervenue en 1985 ( 18,9 milliards) et
d'une réduction du coût de bonification, le coût budgétaire a continué de
croître du fait du poids des encours.
Les
prêts bonifiés à l'artisanat
Des
procédures de prêts moins nombreuses, mais tout aussi inadaptées
Les prêts bonifiés à
l'artisanat étaient répartis en deux catégories répondant à des critères
simples :
-
des
prêts destinés à financer la création d'entreprises ou les investissements
créateurs d'emploi, au
taux de 9,1 % (septembre 1984). Le montant des prêts accordés croît avec le
nombre d'emplois créés ; il est rigoureusement plafonné par entreprise bénéficiaire
;
-
des
prêts pour les autres investissements, au
taux moins bonifié de 11,9 %. Cette seconde catégorie était très semblable
aux «prêts aux conditions du marché» pour les entreprises de l'industrie, du
commerce et du tourisme : il s'agit, en effet, des procédures banalisées, dont
toutes les entreprises peuvent bénéficier, dès lors qu'elles investissent, et
qui sont faiblement bonifiées (1,25 point pour ces prêts à l'artisanat, 1 à
1,2 point pour les PCM).
Les
critères très peu sélectifs d'attribution de ces prêts ont favorisé une
forte croissance de leur volume pour atteindre 1,1 milliards en 1984, les plus
bonifiés représentant 45 % de l'enveloppe totale.
Une
distribution non concurrentielle
Pour des raisons historiques, la
distribution des prêts bonifiés à l'artisanat a longtemps été réservée
aux Banques populaires et, en milieu rural, au Crédit agricole. Plus récemment,
le Crédit coopératif et le Crédit maritime mutuel ont pu aussi distribuer ces
prêts, mais pour des montants très inférieurs.
En
1984, les réalisations de prêts bonifiés se répartissaient ainsi : 4,1 Mds F,
(soit 57 % de l'enveloppe) pour les Banques populaires, 2,9 Mds F (40 %) pour le
Crédit agricole et 0,2 Md F (3 %) pour le Crédit coopératif et le Crédit
rnaritime mutuel.
Ce
système n'était pas plus incitatif à la concurrence que celui des prêts à
l'industrie. Bien que chaque réseau soit libre de fixer ses taux à l'intérieur
d'une fourchette de deux points en fonction du coût des ressources, les Banques
populaires et le Crédit agricole pratiquaient des taux identiques.
Un
coût budgétaire croissant
Les facteurs déterminants du coût
des prêts bonifiés à l'artisanat sont les mêmes que ceux des prêts bonifiés
à l'industrie, au commerce et au tourisme. Toutefois, la bonification était en
moyenne plus faible et fixée en points.
La
croissance de la charge budgétaire de ces prêts a été rapide ces dernières
années : 172 MF en 1982, 252 MF en 1983, 384 MF en 1984, du fait notamment de la
réforme d'avril 1983, qui a consisté à substituer des prêts bonifiés à des
prêts antérieurement consentis sur avances du FDES.
En
termes d’autorisation de programme, la croissance de la charge budgétaire liée
à ces prêts est du même ordre que celle des enveloppes, soit environ 10 % par
an en moyenne, entre 1979 et 1984.
Les
raisons d'une réforme
Au
total, le constat du système existant à la mi-1984 se caractérisait par :
-
un
système complexe et ne répondant plus à l'idée de sélectivité,
-
une
distribution réservée à quelques réseaux et conduisant à des
pratiques d'inspiration purement commerciale ;
-
un
faible effet incitatif pour les entreprises bénéficiaires pour un coût
budgétaire élevé et croissant.
Contrairement
à l'objectif recherché par le développement des prêts bonifiés, celui-ci
n'a pas contribué à la reprise de l'investissement, qui ne s’est manifestée
qu'avec le redressement de la situation financière des entreprises.
LES
REFORMES
Elles se sont inspirées des
grands principes suivants :
-
La
simplification des procédures
:
elle a été drastique, notamment pour les prêts à l'industrie.
-
Une
réduction d'enveloppe
sensible, s'expliquant par :
-
la diminution des besoins
d'endettement des entreprises due à l'amélioration de leur taux
d’autofinancement ;
-
la volonté de poursuivre la débonification
des prêts aux entreprises en profitant de la baisse des taux.
Ces
mesures ont été réalisées progressivement entre la fin de 1984 et le début
de 1986, parallèlement à l'amélioration de la conjoncture économique : baisse
des taux d'intérêt de marché, amélioration des marges des entreprises,
reprise de l'investissement. Elles permettront, au cours des prochaines années,
une diminution progressive, mais importante, du coût budgétaire de ces
bonifications.
L'industrie,
le commerce, le tourisme
La
simplification des procédures
Elle a été réalisée en
plusieurs étapes :
-
suppression,
en octobre 1984, de la bonification des PCM : les institutions qui mettaient en
oeuvre cette procédure peuvent continuer à attribuer des prêts aux conditions
du marché financés sur les ressources dont elles disposent. Elles en fixent
elles-mêmes, le volume et le taux. Malgré leur débonification, le volume de
ces prêts s'est substantiellement accru, passant de 7,5 Mds F en 1984 à un peu
plus de 12 Mds F en 1985 et sans doute à plus de 15 Mds F en 1986. Par
ailleurs, la concurrence avivée a conduit les établissements financiers à
diversifier les formules proposées aux clients avec des durées et des
conditions mieux adaptées aux besoins des entreprises ;
-
suppression,
en octobre 1984, de la bonification des prêts participatifs ;
-
suppression
de la procédure PAE, à compter du 1er janvier 1985 ;
-
suppression
des PSR et des PPS au 30 juin 1985 : ces deux procédures avaient principalement
pour but de consolider la structure financière des entreprises (des PME dans le
second cas). Cet objectif paraissait atteint au début de 1985, comme le
montrait d’ailleurs une demande plus faible pour ces financements. En effet,
d’une part les entreprises concernées par ces procédures en ont déjà
largement bénéficié, d’autre part les marges des entreprises s'étaient rétablies
et les PME commençaient à avoir plus de facilité pour obtenir des
financements de marché, y compris en fonds propres (notamment à la suite de la
réforme des organismes de capital-risque) ;
-
réduction
et simplification, à compter du 1er janvier 1985, des procédures des PSIS :
les cinq principaux critères de 1984 sont ramenés à deux : effort
d'investissement (pour les entreprises accroissant significativement leur niveau
d'investissement : + 10 % en volume par rapport aux deux derniers exercices ;
le taux a été porté à 15 % pour 1986) ; effort d’exportation (pour les
entreprises fortement exportatrices ou augmentant sensiblement le volume de
leurs exportations hors CEE sur une période de 4 ans).
Au
total cinq des six catégories de prêts ont été supprimées ; il ne reste plus
aujourd'hui qu'une seule procédure à 9,25 %. Cette procédure ne comporte
elle-même que deux critères principaux qui sont d’une grande simplicité :
effort j’investissement et effort d'exportation.
Parallèlement
à cette simplification des procédures, les Comités Interministériels chargés
d’attribuer des prêts participatifs du FDES pour financer des projets
d'investissement ont été supprimés (le CIDISE en décembre 1984, le CIFIA en
décembre 1985) ou n'ont plus eu la possibilité d’attribuer ces prêts (le
CIALA).
La
réduction des enveloppes
La simplification des procédures
s'est accompagnée d'une réduction sensible du volume total des prêts bonifiés.
La
diminution des besoins d'endettement des entreprises
à partir de 1984 a été spectaculaire grâce à la remontée de
l'autofinancement et malgré le redémarrage des investissements physiques et la
croissance très forte des investissements financiers.
Tableau
de financement des sociétés
(Grandes
entreprises nationales et entreprises individuelles non comprises)
|
(en
milliards de °
|
1984
|
1985
(estimation)
|
1986
(estimation)
|
|
Emplois
-
Investissements
physiques
-
-Investissements
financiers
-
-Remboursements
d’emprunts à moyen et long terme
-
Variation
du fond de roulement
|
281
87
100
22
|
306
120
100
8
|
323
150
100
17
|
|
Total
des emplois
|
490
|
534
|
590
|
|
Ressources
-
Autofinancement
net
-
Capital
-
Obligations
-
Aides
à l’investissement
-
Emprunts
à moyen et long terme
|
201
73
13
12
191
|
249
100
15
10
160
|
295
120
15
10
150
|
|
Total
des Ressources
|
490
|
534
|
590
|
|
Autofinancement
Investissements
physiques
|
72
%
|
81
%
|
91
%
|
La
réduction du volume total des prêts bonifiés a
été sensible puisqu'il a été divisé par trois en deux ans, passant de 35
Mds F en 1984 à 12 Mds F en 1986.
Si l'on rajoute les prêts non
bonifiés par I’Etat, mais bénéficiant de conditions privilégiées (PBE +
FIM), I’évolution est également très significative: 58 Mds F en 1984, 27
Mds F en 1986.
Prêts
aux entreprises à taux privilégiés
(Réalisations
annuelles )
|
(en milliards de F)
-PSI
(et PSR)
-PAE
et Prêts Participatifs
-PCM
|
1984
20,0
7,8
7,5
|
1985
18,9
-
-
|
1986
12,0
-
-
|
|
Total des Prêts
Bonifiés
|
35,3
|
18,9
|
12,0
|
|
-PBE +FIM
|
22,7
|
20,0
|
15,0
|
|
Total des Prêts à
taux privilégiés
|
58,0
|
38,9
|
27,0
|
|
-Emprunts à moyen et
long terme
-Investissements
physiques
|
191,0
281,0
|
160,0
306,0
|
150,0
323,0
|
|
-Prêts à taux privilégiés/Emprunts
à moyen et long terme
(en %)
-Prêts à taux privilégiés/Investissements
(en %)
|
30,0
21,0
|
24,0
13,0
|
18,0
8,0
|
Au total, la part des prêts aidés
à l'ensemble des entreprises sera en 1986 en diminution sensible, ce qui,
compte tenu de l'amélioration du taux d'autofinancement des entreprises, de la
modernisation du marché financier et de la baisse des taux, ne devrait pas
freiner la poursuite de la croissance de l'investissement industriel (+ 19 % en
volume en 1984 et 1985).
La
limitation aux PME
A
compter du 1er janvier 1986, les grandes entreprises (c'est-à-dire celles dont
le chiffre d'affaires excède 1 Md F ainsi que leurs filiales) ne sont
plus éligibles aux prêts bonifiés, qui, de ce fait, sont rebaptisés et
s'appellent désormais prêts bonifiés aux petites et moyennes entreprises (PBPME).
Cette
réforme s'explique par deux raisons :
-
le caractère très peu
incitatif des prêts bonifiés pour les grandes entreprises, comme l'a établi
le rapport Heilbronner ;
-
la
capacité de ces entreprises à se procurer sur les marchés des
ressources à taux intéressants, en particulier grâce aux réformes du marché
financier français dont elles bénéficient largement (billets de trésorerie,
par exemple).
En revanche, la bonification
continue à représenter un élément significatif pour le financement des
projets des PME, car celles-ci n'ont pas accès au marché financier ou pas
aussi facilement que les grandes entreprises.
L'évolution
vers une banalisation de l’octroi des prêts bonifiés
Pour permettre une réduction du
coût d'intermédiation, il était indispensable d'élargir la concurrence dans
la distribution des prêts bonifiés. C'est pourquoi a été retenu le principe
d'une banalisation de l'octroi de ces prêts. Les banques peuvent désormais en
distribuer dans le cadre d'une procédure d'adjudication (pour un montant de 2
milliards en 1986).
En
moyenne, le recours à cette procédure d'adjudication a permis d'abaisser le coût
d'intermédiation, donc la charge budgétaire supportée par l'État, de l'ordre
de 1 point.
Parallèlement
à cette ouverture aux banques de la distribution des prêts bonifiés à
l'Industrie, il était nécessaire de faciliter l'adaptation des institutions
financières spécialisées à cette concurrence nouvelle et de leur permettre
d'accroître leurs activités en financements non bonifiés. C'est pourquoi
elles ont été autorisées à diversifier leurs emplois (prêts en devises, par
exemple) et surtout leurs ressources, afin de pouvoir se refinancer avec une
plus grande souplesse et à moindre coût. Elles ont notamment été autorisées
à émettre des bons spécifiques d'une durée comprise entre deux ans et sept
ans. L'accroissement du volume des prêts non bonifiés (qui devrait dépasser
15 Mds F en 1986), s'explique en partie par cette diversification de leurs
ressources.
L'artisanat
Les principes directeurs ont été
les mêmes :
L'ouverture
de la distribution de ces prêts bonifiés à l'ensemble des réseaux bancaires
Cette réforme a été engagée
dès 1985 et accentuée en 1986. Alors qu'en 1984 l'enveloppe de 7,2 Mds F avait
été distribuée essentiellement par les Banques populaires et le Crédit
agricole, pour 1986 l'adjudication a porté sur plus de la moitié des prêts
aux artisans. La moitié des prêts bonifiés (1,9 Md F sur 3,8 Mds F) a été réservée
aux réseaux traditionnels; l'autre moitié a été mise en adjudication (à
laquelle les anciens réseaux pouvaient d'ailleurs participer). Cette
adjudication portait sur 15 lots, comprenant chacun 125 MF de prêts bonifiés
et 225 MF de prêts conventionnés, prêts non bonifiés mais dont les taux
faisaient l'objet d'un engagement de la part de chaque réseau. Le taux proposé
pour les prêts conventionnés était le critère choisi pour l'adjudication.
Réduction
de l'enveloppe et simplification
La première mesure a consisté
à ne pas répercuter la baisse du coût des ressources sur les taux de sortie,
autrement dit, à diminuer la bonification en points.
La
bonification des prêts les plus bonifiés, dont le taux n’a pas varié depuis
septembre 1984, est ainsi passée de 4,25 points fin 1984 à 2,7 points début
1986.
La
seconde mesure a été la suppression de la catégorie la moins bonifiée à la
fin 1985 et son remplacement, pour un montant identique (4,6 Mds F), par des prêts
conventionnés. Le taux des prêts conventionnés (10,3 % en moyenne) sera
très sensiblement inférieur à celui des prêts les moins bonifiés en 1985,
grâce à la baisse des taux de marché, mais aussi à la mise en concurrence de
l'ensemble des réseaux bancaires.
Au
total,
tant pour l'industrie que pour l'artisanat, les réformes engagées en 1984,
1985 et 1986 ont été très profondes : diminution de l'enveloppe, banalisation
de la distribution, réduction de la bonification unitaire. Ces évolutions
permettront une économie budgétaire sensible. Elles ont pu être menées à
bien grâce à la baisse des taux du marché, à la modernisation de notre système
financier qui fournit désormais aux entreprises de nouveaux instruments de
gestion de leur trésorerie, et au recours accru à la concurrence qui a permis
de réduire les coûts d'intermédiation.
Les
prêts bonifiés
avant
et après la réforme
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1984
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1986
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Industrie
Enveloppe
de Prêts bonifiés (en Mds F)
Nombre
de taux distincts
Nombre
de critères
Entreprises
bénéficiaires
Modalités
de distribution
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