|
| |
LE
FINANCEMENT DE L'ACCESSION A LA PROPRIéTé
Dans
un contexte de forte décrue des taux, les produits financiers offerts par le
marché permettent l'accession à la propriété d'un nombre croissant de ménages
dans des conditions satisfaisantes. L'État a pris un certain nombre de mesures
de nature à consolider cette tendance, en soutenant la consommation des prêts
conventionnés, d'une part, en concentrant ses interventions sur les ménages
les plus défavorisés grâce à des prêts PAP sensiblement améliorés,
d'autre part. Ces mesures ont permis de mettre un terme en 1985 à la régression
continue qui a caractérisé le secteur du bâtiment au cours des 10 dernières
années.
Le
constat
Le
mode de fonctionnement des P AP
Le
mode de fonctionnement du système des PAP en 1985 était le suivant :
Les
PAP sont accordés directement aux particuliers (PAP «diffus») ou par l'intermédiaire
des promoteurs (PAP « groupés » ). Ils sont distribués par le Crédit
foncier de France, les sociétés de crédit immobilier (qui font partie du
mouvement HLM), le Comptoir des entrepreneurs, ou par les banques, qui ont été
chargées d'en distribuer un contingent dans le cadre d'une procédure
d'adjudication mise en œuvre en 1984.
Les
masses à financer (39 milliards de francs en 1985 pour 120 000 PAP) sont collectées
par le Crédit foncier de France dans le cadre du «pool des PAP», à
l'exception de la part distribuée par les banques, pour laquelle le CFF verse
la bonification de l'État.
Un
coût budgétaire très élevé et en forte croissance
Année
|
1980
|
1981
|
1982
|
1983
|
1984
|
1985
|
1986
(PLF)
|
Coût
des PAP
(en MF)
|
1
260
|
1
764
|
2
832
|
3
989
|
5
765
|
7
191
|
8
649
|
Ce
tableau montre l'importance des crédits de paiement consacrés par l'État à la
bonification des PAP et la rapidité de leur croissance : plus de 20 % de
progression en 1986. De plus, la bonification, qui représente près de 18 % du
montant du prêt, est versée au CFF sur une durée de dix ans ; il s'agit donc
de dépenses ayant une forte inertie.
En
outre, les prêts PAP ouvrent droit à l'aide personnalisée au logement (APL),
et environ 80 % de leurs bénéficiaires y ont accès. En 1985, le coût en APL
de l'encours existant de PAP pouvait être estimé à plus de 4 MDF.
Enfin, cette procédure est
caractérisée par une forte croissance des impayés qui ont presque doublé
entre 1982 (2,36 % de l'encours) et 1984 ( 4,31 % de l'encours). L'adéquation
du produit financier offert d'une part, la sélectivité de la procédure,
d'autre part, posent incontestablement problème.
Le
pool des PAP
Le pool des PAP présentait en
1985 la structure suivante :
Ressources
Emprunts
obligataires sur le marché domestique
Emprunts
extérieurs
Bons
à moyen terme
Concours
de la CDC
Contingent
MINJOZ (distribution directe par les Caisses d'épargne)
|
Montants
en milliards
15,00
6,0
2,5
6,5
3,5
|
Total
Pour
mémoire: Adjudication bancaire (reliquat 1984 : il ne s'agit pas de
ressources du pool stricto-sensu)
|
33,5
5,3
|
Total
général
|
38,8
|
Le coût moyen des ressources
ainsi collectées est demeuré assez élevé en 1985 : environ 11,6 %.
Ce
pool faisait peser une lourde charge sur la Caisse des dépôts et consignations
: 10 milliards de francs en 1985, en incluant le contingent Minjoz, à l'heure même
où certaines tensions apparaissaient sur les ressources issues de la collecte
des livrets A.
L'alternative
: PAP ou PC
Deux
procédures coexistent en matière d'accession à la propriété :
Toutes
deux ouvrent toutefois droit à l'APL.
|
Caractéristiques
|
PAP
|
PC
|
|
Quotité
|
60
à 80 % (1)
|
90
%
|
|
Taux
|
Au
1/1/6
9,98
% (fixe)
9,50
% (révisable)
|
10,8
à 12,4
%
(2)
|
|
Taux
de sortie global de
l’opération
|
Au
1/1/86
10
à 11,8 %
(3)
|
10,8
à 12,4 %
|
|
Plafond
de revenu
|
Oui
|
Non
|
|
Plafond
du prix d’achat au m2
|
Non
|
Oui
|
|
Droit
à L’APL
|
Oui
|
Oui
|
|
Réseau
|
CFF ;
SCI ; CDE
|
Banques
|
|
Décision
|
Etat
|
Banques
|
|
Financement
|
Pool
des PAP
|
Ressources
bancaires
traditionnelles
|
|
Coût
budgétaire en bonifications
|
8
700 MF en 86
|
0
|
(1)
La quotité décroît lorsque le revenu de l'emprunteur croît.
(2)
Selon la durée du prêt et le réseau de distribution.
(3)
La quotité plus faible du PAP implique un prêt complémentaire dont le taux
est de l'ordre de 13 à 15 %, lié à l'hypothèque de second rang et au faible
montant unitaire qui caractérisent ces prêts.
Le
mouvement général de décroissance des taux d'intérêt a conduit à une
situation où, pour les bénéficiaires les moins défavorisés, le PC tend à
devenir au moins aussi compétitif que le PAP. En effet, le PAP ne peut couvrir
qu'une partie du financement d'un logement: il est nécessairement complété
par un prêt complémentaire, plus coûteux (il ne bénéficie que d'une hypothèque
de second rang et son montant unitaire est faible). Plus les revenus des bénéficiaires
sont élevés, et moins la quotité financée en PAP est importante. De ce fait,
le coût moyen du financement d'un logement en P AP croît avec les revenus des
bénéficiaires.
Parallèlement, dans un
contexte de forte concurrence bancaire, les prêts conventionnés, produits
standardisés et de grande diffusion, bénéficient pleinement de la baisse du
coût des ressources bancaires. C'est ainsi que leur taux plafond a baissé de
plus de 1,5 point en 1985.
Au-delà
d'un certain seuil de revenus, le PC peut donc être plus avantageux que le PAP.
Cette
situation s'est traduite en 1985 par une profonde modification de la répartition
du nombre de prêts consentis dans l’une et l’autre procédures et une accélération
très nette du phénomène graduel de substitution des PC aux PAP observé au
cours des dernières années et illustré par le tableau suivant :
|
Année
|
1980
|
1981
|
1982
|
1983
|
1984
|
1985
(estimation
provisoire)
|
|
Nombre
de
PAP
PC
|
149
012
113
683
|
171
270
92
174
|
170
678
130
000
|
144
036
133
443
|
152
000
170
900
|
120
000
210
000
|
|
Total
|
262
695
|
263
444
|
300
678
|
277
479
|
322
900
|
330
000
|
|
%
des
PAP
PC
|
57
%
43
%
|
65
%
35
%
|
57
%
43
%
|
52
%
48
%
|
47
%
53
%
|
36,4
%
63,6
%
|
Entre 1980 et 1985 la part des
PAP est passée de 57 % environ du nombre de prêts accordés, à moins de 37 %.
Cette
évolution qui a en partie résulté du libre jeu de l'offre et de la demande et
qui s'est accélérée au cours du premier semestre de 1985 présente de grands
avantages :
-
maintien
global de conditions de financement intéressantes pour l’ensemble des accédants
à la propriété ;
-
réduction
de la part d'une procédure très coûteuse pour l'Etat et complètement
administrée ;
-
soutien
satisfaisant à l’activité du bâtiment qui, en 1985, pour la première fois
depuis dix ans, n'aura pas connu de régression.
Les
mesures prises ont visé à consolider cette évolution et à en tirer parti
pour concentrer les aides de l'État sur les ménages les plus défavorisés.
Les
mesures prises ont visé à consolider cette évolution et à en tirer parti
pour concentrer les aides de l'État sur les ménages les plus défavorisés.
Les
mesures prises
Cinq
séries de mesures ont été prises.
-
Le
volume des prêts conventionnés octroyés par les banques, et dans une large
mesure leur taux favorable résulte des normes qui leur sont applicables en matière
de régulation monétaire. Compte tenu de la pression de la demande,
celles-ci ont été assouplies en juillet dernier, afin de permettre la
distribution d'environ 200 000 PC. Cette mesure a traduit le caractère
prioritaire du financement du logement au sein de l'économie, alors même que
la plupart des autres secteurs ont fait l'objet de mesures restrictives en
raison du dérapage de la masse monétaire observé au premier semestre de 1985.
Parallèlement le programme de PAP est passé de 150 000 au titre de la prévision budgétaire 85 à
120 000. Cette tendance se
poursuivra en 1986, avec un programme prévisionnel de 110 000 PAP et de 210 000
PC ( désormais largement financés par le marché hypothécaire).Cette
mesure induira au titre du budget pour 1986 des économies budgétaires à
hauteur de près de 2 500 millions de francs en autorisations de
programmes ;
-
Une
expérimentation a été mise en œuvre concernant l'octroi de prêts
conventionnés sans contrainte de travaux. En effet, le caractère
limitatif des enveloppes d'une part, le souci de soutenir l'activité du BTP
d'autre part, ont conduit à conditionner l'octroi tant des PC que des PAP, à
un volume minimal de travaux. A la lumière des réflexions menées par M. Treppoz
dans le cadre du 9e Plan, il est apparu que cette mesure pénalisait
les jeunes ménages désireux d'acquérir de l'ancien sans effectuer de travaux
et nuisait à la fluidité du marché immobilier et donc in fine à l'activité
du BTP (les transactions dans l'ancien «tirant», dans une certaine mesure, le
marché du neuf).
Il a été décidé de procéder en Bretagne et
dans la région parisienne à une expérimentation consistant à octroyer aux
jeunes ménages des PC sans condition de travaux. En fonction de ses résultats,
et notamment de l'incidence de cette mesure sur le dynamisme du marché
immobilier, cette expérience pourra être généralisée ;
-
Le
taux des PAP a été abaissé de 0,2 % au 1er janvier 1986, portant sa baisse à
0,7 % en un an, et permettant ainsi aux emprunteurs de bénéficier de la décrue
générale des taux. Parallèlement, la progressivité des prêts a été diminuée
afin de tenir compte du mouvement de désinflation de l’économie française.
C'est ainsi que le taux d'un prêt PAP est désormais de 9,98 % sur 20 ans
(lorsqu'il est fixe) et de 9,50 % (lorsqu'il est révisable).
A
ce titre, le développement des prêts à taux révisable infiniment mieux adaptés
à la conjoncture économique actuelle, a été vivement encouragé, tant
d'ailleurs en ce qui concerne les PAP que les PC.
-
La
quotité maximale d'une acquisition de logement couverte par un PAP a été
relevée à compter du 1er juillet 1985 de 5 points pour les ménages jeunes ou
à bas revenus. De ce fait, le recours à un prêt complémentaire, plus onéreux,
est réduit, et même supprimé dans certains cas.
La
conjonction de cette mesure et de la précédente permet d'atteindre l'objectif
de concentration des aides de l'État sur les ménages les plus défavorisés,
qui peuvent ainsi bénéficier de conditions de financement sensiblement améliorées
;
-
Le
pool des PAP n’aura plus recours aux concours de la Caisse des dépôts et
consignations (hormis les contingents Minjoz, qu'elle continue naturellement de
mettre en place). Cette décision va de pair avec la réaffirmation de la
priorité de l'affectation des ressources du livret A au logement locatif
social, décrite ci-dessous. Elle contribue à clarifier et simplifier le
fonctionnement du pool, pour la gestion duquel le Crédit Foncier de France
pourra utiliser de manière optimale les différents segments du marché
obligataire
-
Par
ailleurs, la décision de ne pas recourir l'an prochain au mécanisme de
l'adjudication bancaire procède à la fois de cette logique de simplification,
du souci de ne pas nuire à la forte mobilisation du système bancaire en faveur
des prêts conventionnés, enfin de la volonté de clarifier les responsabilités
des différents acteurs du système de financement du logement.
Parallèlement à l'accession à la propriété, le
logement locatif social constitue le second pivot de la politique du logement.
Il importait donc d'en préserver l'avenir en l'appuyant sur un financement pérenne
et adapté.
LE
FINANCEMENT DES HLM
Depuis
1966, le financement du logement social, c'est-à-dire essentiellement des
organismes HLM, est assuré par la Caisse de prêts aux HLM, sur la base de
ressources issues de la Caisse des dépôts et consignations.
Afin
de marquer de manière irrévocable le caractère prioritaire de l'affectation
des ressources du livret A au financement du logement social et de rationaliser
et d'améliorer l'efficacité des circuits financiers, il a été décidé de
mettre en place au 1er janvier 1986 un mécanisme de distribution
directe des prêts locatifs aidés par la Caisse des dépôts et consignations.
Le
constat
Les
mécanismes
Le financement des HLM reposait
jusqu'en 1985 sur l'intervention des mécanismes suivants :
-
instituée
par le décret du 19 mars 1966 la Caisse de prêts aux organismes d'HLM (CPHLM)
accordait des prêts locatifs aidés (PLA) aux organismes HLM pour la
construction ou l'amélioration de logements sociaux. Ces prêts étaient
consentis sur une durée de 34 ans, à annuités progressives et au taux
actuariel de 6,1 % au 1er juillet 1985 ;
-
80 % des ressources de la CPHLM
lui étaient fournies par la Caisse des dépôts et consignations sous la forme
de concours à 30 ans, au taux actuariel de 7,15% au 1er juillet 1985 ;
-
l'intervention
financière de l'Etat était double :
- d'une
part il octroyait à la CPHLM une subvention qui constituait 20 % de
ses ressources,
- d’autre
part, il lui versait une bonification d'annuité qui assurait l'équilibre
global de sa trésorerie en couvrant intégralement la différence entre ses
encaissements et ses décaissements.
Les
mécanismes de distribution des PLA sont synthétisés dans le schéma ci-
dessous.
Le
coût
Les
versements de l'État à la CPHLM ont suivi l'évolution suivante au cours des
dernières années :
|
Année(PLF)
Montants
(en
MF)
|
1980
2
434
|
1981
3
446
|
1982
5
673
|
1983
6
881
|
1984
7
224
|
1985
8
351
|
1986
10
014
|
Leur
croissance a été rapide : ils ont plus que doublé depuis 1981 et croîtront
encore de 20 % en 1986, compte tenu de la forte inertie de ce type de dépenses.
Le
système de la bonification d'annuité - par opposition à une bonification en
points où les engagements sont limitativement définis à l'avance en fonction
du coût des ressources et du taux de sortie des prêts - est par essence coûteux,
déresponsabilisant pour l'organisme qui en bénéficie et générateur de
redoutables dérapages liés à l'impossibilité de prévisions parfaitement
fiables. L'État couvre en effet deux catégories de coûts :
-
ceux
qui sont liés à la différence de profil d'amortissement et de taux entre les
ressources que fournit la Caisse des dépôts et consignations à la CPHLM et
les PLA (bonification stricto sensu) ;
-
ceux
qui résultent en fait uniquement des aléas de trésorerie de la CPHLM (impayés,
décalage entre encaissements et versements).
La
nécessité d’un choix
Le
problème de l'avenir du financement du logement locatif social s'est trouvé
posé en 1985.
La
loi bancaire a rendu nécessaire pour la CPHLM le choix entre l'autonomie
ou l'absorption - sous une forme ou sous une autre - par la Caisse des dépôts
et consignations.
Le
choix fondamental a alors été le suivant :
-
soit
la CPHLM acquérait son autonomie. Cela impliquait immédiatement ou à terme
qu'elle se finance, au moins partiellement, sur le marché. L'État devait alors
majorer sa subvention pour maintenir le taux des prêts aux HLM au niveau antérieur.
La conséquence était inévitable : soit le coût budgétaire en devenait
prohibitif, soit le secteur des HLM voyait ses ressources taries. L'enjeu à
terme était donc bien la pérennité du financement des HLM ;
-
soit la
CDC reprenait en propre le financement des HLM et adossait celui-ci au livret A
: c'était la garantie d'un financement stable et à bon marché.
Cette
seconde solution a été retenue : elle est naturellement budgétairement plus
économique ; elle garantit surtout un financement abondant et relativement bon
marché pour le logement social.
La
réforme
Principes
généraux
Deux
principes ont guidé la réforme du financement des organismes HLM :
-
la
réaffirmation du caractère prioritaire de l'affectation des ressources du
livret A au logement social ;
-
la
rationalisation des circuits financiers : création d'un circuit court adossant
directement les emplois aux ressources.
Les
nouveaux mécanismes institutionnels sont synthétisés dans le schéma ci-
contre.
Le
nouveau rôle de la Caisse des dépôts et consignations
L'intervention
de la CPHLM dans la distribution des prêts a été supprimée à compter du 1er
janvier 1986. Le mécanisme retenu est celui d'un financement direct
par la Caisse des dépôts et consignations des organismes HLM. Les ressources
dont elle dispose pour ce faire sont l'épargne collectée sur les livrets A,
actuellement rémunérés à 6 %, et une subvention de l'État, représentant en
1986 20 % de la masse à financer.
La
surface financière de la Caisse des dépôts et consignations qui lui permet de
supporter la gestion de trésorerie du système, et l'adossement direct des prêts
PLA aux ressources du livret A entraînent la suppression de la bonification
d'annuité de l'État : l'économie budgétaire induite au titre du budget pour
1986 s'élève à plus de 2 500 millions de francs, en autorisations de
programme.
Le
taux actuariel auquel sont consentis les PLA à compter du 1er janvier 1986, est
de 5,75 %, taux inférieur pour la première fois à celui du livret A, du
fait de la ressource à coût nul que constitue la subvention de l'État.
La
création de la Caisse de garantie du logement social (CGLS)
En vertu de l'art. 21 de la loi
du 11 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre économique et
financier, la Caisse de garantie du logement social est substituée à la CPHLM
à compter du 1er janvier 1986 pour l'exercice des attributions ayant trait à
la gestion du fonds de garantie des PLA. Il lui reviendra en outre de gérer
l'encours existant à cette date à la CPHLM.
Elle
aura par ailleurs un rôle accru en tant qu'interlocuteur privilégié des
organismes HLM en difficulté. Rassemblant en effet l'Administration, la Caisse
des dépôts et consignations et l'union des HLM, la CALS est la mieux à même
d'assurer l'examen et le suivi des plans de redressement des organismes qui
connaissent des difficultés.
A
ce titre, elle gérera une procédure d'allègement de la dette PLA en faveur
des organismes en difficultés du fait du poids de prêts contractés à taux
fixe élevé et à annuités fortement progressives, en période d'inflation
forte.
Conclusion
A
l'issue des importantes réformes mises en oeuvre, le système de financement du
logement, dont certains éléments fondamentaux dataient de plus de vingt ans,
s’articule désormais autour de trois pôles principaux reposant chacun
sur l'adossement clair d'un emploi à une ressource.
Le
logement locatif social
a désormais un accès direct et prioritaire aux ressources du livret A, qui
sont de loin les moins chères du marché. L’opérateur unique est la Caisse
des dépôts et consignations. Les organismes HLM bénéficieront ainsi en 1986
de plus de 25 MDF de ressources, au taux de 5,75 %, inférieur donc pour la
première fois à celui du livret A.
L'accession
aidée à la propriété,
désormais réservée en priorité aux accédants aux revenus modestes, s'appuie
sur des prêts PAP, moins chers et aux caractéristiques mieux adaptées à la
conjoncture économique (taux révisable, moindre progressivité). Ces prêts,
qui continueront naturellement à bénéficier d'une bonification de l'État,
seront désormais essentiellement adossés au marché obligataire à
l'exclusion de toute contribution de la CDC ou des banques.
L'accession
non aidée à la propriété
(prêts conventionnés et prêts libres), profitera pleinement en 1986 de la décrue
des taux, et de la montée en régime du nouveau marché hypothécaire, qui
devrait drainer plus de 20 MDF au cours de l'année et faire bénéficier
ainsi pour la première fois le secteur du logement, d'un véritable marché de
financement, large, stable et dynamique. Plus de 210 000 prêts conventionnés
seront offerts aux particuliers, à des conditions nettement plus favorables
qu'en 1985.
La nouvelle structure du
financement du logement qui résulte de ces réformes est synthétisée dans le
tableau ci-après.
|
Avant
|
Après
|
|
Logement
locatif social (HLM)
|
|
Ressources
Volume
|
Par
la CPHLM, ressources reposant sur le livret A avec perspective d’appel
au marché financier
70
000 PLA
|
Par
la CDC, financement direct par le livret A
Constant
|
|
Accession
aidée à la propriété (PAP)
|
|
Ressources :
Volume
|
Pool
de financement incluant le marché obligataire, la CDC, les banques.
| |